Table ronde à Villejuif

Table ronde Villejuif
30 septembre 2017
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2 novembre 2017
« L ‘archéologie expérimentale appliquée à la céramique sigillée du Haut-Empire en Gaule : buts, protocoles et réalisations » Mémoire écrit en 2016 par Lucile Bolot

Au cours de la table ronde qui s'est tenue au Parc Départemental des Hautes-Bruyères, à Villejuif, sur l’Actualité de l’expérimentation en archéologie, j'ai eu l'occasion de présenter mon travail de mémoire de Master en Archéologie en m'appuyant sur deux aspects essentiels : la démonstration et la présentation plus globale de mes écrits.
La présentation souhaitait mettre en avant les importantes inconnues qui restent à être élucidées sur la céramique sigillée du Haut-Empire en Gaule. Ainsi, ma problématique était : par une pratique déductive, quelles réponses peut apporter la recherche expérimentale aux problématiques soulevées par l’archéologie ? A partir d’un résumé rapide des connaissances et des lacunes dans le domaine de l’archéologie, j’ai présenté mon travail d’expérimentation.
Les argiles employées lors de nos tests n’étaient sans doute pas adaptées par leur composition et leur provenance. Bien que j’ai expérimenté méthodiquement sur trois terres différentes, en utilisant diverses eaux et défloculants, les tests d’engobe n’ont pas été très concluants.
Pour la création du moule, selon moi, la technique consiste à façonner une pièce épaisse dont l’intérieur est largement poli. Pour l’application du décor, le potier plaçait certainement des repères afin de faciliter son travail pour reproduire le schéma du motif. Ces derniers sont créés par l’impression de poinçons sculptés et cuits.
Les potiers ont chacun des techniques qui leur sont propres. Selon les formes, différentes techniques peuvent être employées et/ou combinées pour effectuer le tirage. La technique trouvée pour effectuer un Drag. 29 est le tournage indirect, c’est à dire en deux parties. Les démonstrations en ont montré le processus de création : la technique la plus adaptée est de tourner en amont un bol que l’on tourne ensuite dans le moule. Puis, la présentation a continué sur le décor à la feuille d’eau d’un Drag. 35-36 et du tournassage du pied d’un bol. Toutes les techniques présentées sont des suppositions, des manières de faire qui peuvent correspondre à celles utilisées par les potiers gallo-romains.
La cuisson est l’élément essentiel à la création des céramiques et est l’étape la plus compliquée à maîtriser. Toutefois, les défauts relevés lors des cuissons expérimentales sont semblables aux pièces ratées gallo-romaines : coulées d’engobe, traces de doigts, ramollissement et soudure des vases. Cette défauthèque devient alors un élément important de comparaison avec la céramique antique. Elle nous a aussi permis d’entrevoir les difficultés de construction d’un four à tubulures.
Cette présentation a mis en évidence la difficulté de l’expérimentation scientifique, qui dépend des moyens matériels, financiers et temporels. La construction du nouveau four à tubulures à Saint-Romain-en-Gal permettra de relancer des études nouvelles.
Enfin, les études complémentaires menées d’un côté, par les potiers expérimentaux et de l’autre, par les archéologues, permettent d’avoir une vision globale sur le fonctionnement des ateliers de céramique sigillée antique, tant à la fois sur le plan scientifique que sur le plan technique.

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